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Torodi – bilan d’un projet
18 mars 2011En 2010, après 4 années de travail, le projet « Des Hommes, un Territoire, l’Eau et l’Assainissement pour un Développement Humain Durable dans la Commune Rurale de Torodi » a été achevé. Quel est le bilan du projet, et quelles sont les attentes des populations de la région pour la suite ?...18 mars 2011
La commune rurale de Torodi au Niger, est une zone très défavorisée, en effet, seuls 40% des besoins en eau sont satisfaits, et seuls 3 % des 122 000 habitants disposent de toilettes décentes. Axé sur le renforcement des capacités locales et l'accès à l'eau et à l'assainissement, ce projet avait pour objectif d’améliorer cette situation, grâce aux financements de la Commission européenne dans le cadre du mécanisme Facilité ACP-UE pour l’Eau, aux fonds mobilisés par Eau Vive auprès de ses donateurs en France et aux contributions de la Commune de Torodi et les villages eux mêmes.
Parmi les nombreux résultats du programme, la construction ou réhabilitation de 46 forages et 6 puits modernes a permis d'améliorer l'accès à l'eau pour les 45 000 habitants des villages concernés. La construction de 382 latrines familiales a donné accès à l'assainissement pour plus de 5 000 personnes.
Pour favoriser la pérennité des réalisations, le programme a mis l'accent sur le renforcement des capacités de la commune mais aussi de la population. La commune dispose désormais d'un cadre de référence et d’une base de données sur l'eau et l'assainissement, outils cruciaux d'aide à la décision dans l'élaboration et la mise en œuvre de sa stratégie dans ce secteur. Les acteurs communaux ont aussi bénéficié de formations sur leurs nouvelles compétences transférées dans le cadre de la décentralisation et sur les méthodes de mobilisation et sensibilisation sociale. Les capacités locales de maîtrise d'ouvrage et de bonne gouvernance ont aussi été renforcées par la création et l'appui d'un organe communal de concertation, de régulation et d'arbitrage constitué des parties prenantes du secteur de l'eau et de l'assainissement. Cette implication des différents acteurs était essentielle dans le contexte politique national qu'a connu le Niger avec le coup d'Etat en février 2010. En effet, pendant la période de transition d’un an, des administrateurs délégués ont remplacé les élus à la tête des communes (les nouvelles élections municipales ont eu lieu en janvier 2011).Pour assurer la bonne gestion et l'entretien des nouvelles infrastructures d'eau, le projet a veillé à la mise en place, responsabilisation et formation de comités de gestion. La création de groupements mutuels de réparateurs répond au besoin d'avoir des compétences locales disponibles à tout moment pour réparer les infrastructures en cas de panne. Un important travail de sensibilisation a convaincu la population du besoin de payer ces nouveaux services d'eau, afin de disposer de fonds pour assurer leur entretien et réparation.En effet, dans les auto-évaluations villageoises menées suite au programme, on constate la satisfaction de la population qui auparavant devait s'approvisionner en eau dans des mares ou dans des puisards.
Ce programme a aussi appuyé des jeunes et des femmes dans le développement d'activités génératrices de revenus. Toutes les activités ont été menées dans un esprit de transparence et de respect mutuels. En effet, la population est de plus en plus attentive et comprend mieux les enjeux liés à la problématique de la gestion des affaires locales qui va au delà de sa famille ou de son clan. « Nous voulons que nos villages soient toujours cités en exemple de réussite dans la réalisation des actions de développement et par extension notre commune… » a déclaré monsieur Assoumane Moussa, président du conseil inter-villageois de Makalondi dans son mot introductif à une des rencontres inter-villageoise de cette zone.
C'est pour cette raison et parce que les activités commencent seulement à répondre aux énormes besoins de la région qu’Eau Vive compte s’appuyer sur ces bonnes bases et continuer à accompagner la population pour qu’elle puisse avoir un meilleur accès à l'eau et à l'assainissement, acquérir les capacités et compétences dont elle a besoin pour continuer à trouver des solutions durables aux défis auxquels elle doit faire face.




