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La lutte contre la désertification va de pair avec la lutte contre la pauvreté
« La terre est redevenue nourricière ! Avec le reboisement, j'ai toujours du mil et je peux affronter les trois mois de soudure sans inquiétude. Avant, nous arrivions à cette période les greniers vides. Avec ma femme et mes enfants, nous ne faisions qu’un repas par jour et parfois rien du tout. » Bella – agriculteur à Roubiré
A Bitinkodji, à 40 kilomètres de Niamey, le sol du plateau de Roubiré est sec et rien ne pousse. Pour enrayer les phénomènes de désertification, Eau Vive, en partenariat avec le Syndicat mixte de la Vallée de l’Orge Aval (SIVOA), a développé un programme pour lutter contre l’érosion des sols sur près de 1 000 hectares. Dans 3 villages de la commune, pour piéger l’eau, des trous d’une vingtaine de centimètres, appelés « poquets de zaï » sont creusés. Les habitants ont planté des arbres d’essences locales et des cordons pierreux ont été installés. Grâce à ces aménagements, le ruissellement des eaux pluviales est considérablement freiné ce qui permet à la terre de se régénérer et de redevenir nourricière.
Les poquets de zaï et les cordons pierreux ne demandent aucun financement, mais beaucoup d’énergie humaine. Le traitement d’un hectare nécessite 300 heures de travail manuel et ce travail étant réalisé principalement en saison sèche (période de manque d’eau et de nourriture) la main d’œuvre coûte cher. Ces techniques paysannes traditionnelles, originaires du Yatenga (province burkinabè), sont facilement reproductibles et les paysans du Niger, pour améliorer la productivité de leurs terres, les ont adoptées pour leurs parcelles.

Avant les pluies, les cultivateurs réalisent des cordons pierreux. Ainsi, dès les premières pluies, l’eau ne ruisselle pas, elle s’évapore moins vite.
Torodi – «L’eau, c’est la vie » un adage toujours d’actualité

Interview d’Habsou Seydou, femme du village de Diogga
Habsou, avec l’arrivée de l’eau dans votre village, qu’est-ce qui a changé dans votre vie quotidienne ?
Tout a changé pour les femmes de Diogga. Nous n’avons plus à marcher longtemps pour la corvée d’eau et nous avons gagné du temps, mais ce temps, on sait quoi en faire… Certaines d’entres nous se sont lancées dans des petits commerces, d’autres du maraichage, et nous pouvons enfin être plus présentes dans l’éducation de nos enfants.
Quelle est la valeur ajoutée de vos nouvelles activités ?
Il y a une nouvelle dynamique de mobilisation sociale et financière entre villageoises. Dans mon groupement de 35 femmes, nous avons initié une tontine de 1000 FCFA par semaine. Avec cette cotisation, nous avons acheté deux motopompes pour l’arrosage de notre site maraîcher. Nous produisons de la pomme de terre, des courges, des patates douces… et notre production s’est bien améliorée. Aujourd’hui, des revendeurs viennent de Torodi pour acheter nos légumes.
Y a-t-il d’autre changements avec l’arrivée de l’eau?
Nos comportements ont changé. Nous avons le temps d’être plus attentif à notre qualité de vie. Nous avons instauré une journée de salubrité par semaine. Chaque jeudi matin, les femmes se regroupent sur les places publiques et balaient avec le matériel qui nous a été remis grâce au programme d’Eau Vive. Aujourd’hui, nous vivons dans un cadre de vie plus sain, nous avons été sensibilisés sur la préservation de la qualité de l’eau et sur l’utilisation des latrines familiales. Ces toilettes, c’est important, elles nous préservent de la maladie bien sûr, mais elles nous rassurent aussi. Vous savez, avant, nous devions nous enfoncer dans la brousse la nuit pour aller faire nos besoins, et nous avions peur !
Voulez vous ajouter quelque chose par rapport aux activités du projet ?
Avec l’intervention d’Eau Vive dans notre village, une nouvelle dynamique est belle et bien née et notre souhait c’est la poursuite de toutes ces actions. Il ne faudrait pas que cette mobilisation par rapport à notre bien être s’arrête. Nous avons le devoir de la maintenir et en ce moment, nous demandons l’appui de la mairie Torodi pour consolider toutes ces actions.
Enfin de l’eau à Débi et Tamindaou Zanfarawa
Jusqu’à cette année, les habitants des villages de Débi et Tamindaou Zanfarawa, dans la commune rurale de Kornaka, passaient des heures à aller chercher de l’eau dans les villages voisins. Les femmes peinaient à cette dure tâche, les enfants avaient honte d’aller sales à l’école, le bétail manquait d’eau pour s’abreuver…
L’intervention d’Eau Vive avec le soutien financier de l’Association CDC Tiers-Monde et de l’Union européenne, a radicalement changé la situation avec la réalisation d’un projet d’accès à l’eau potable dans ces 2 villages.

Durant l’année 2009, celui-ci a permis la construction de 2 puits avec aménagements de surface pour améliorer l’accès à l’eau potable. Il a aussi incité les villageois à se structurer pour assurer la gestion du service de l’eau avec la mise en place et la formation de 2 comités de gestion de points d’eau, et enfin, il a amélioré l’hygiène et la santé dans les villages à travers la sensibilisation des populations aux questions sanitaires.
Aujourd’hui, satisfaits de disposer enfin d’une eau de qualité, les habitants de Débi et Tamindaou Zanfarawa témoignent :
«… Les jarres sont toujours pleines d’eau. J’en ai toujours en moyenne 5, de 100 litres chacune, en réserve dans ma concession. Nos femmes gagnent près de 5 heures de temps par jour, elles sont moins nerveuses, parce que dans le temps, fatiguées par la corvée d’eau, elles vociféraient en nous répondant mal… avec l’arrivée de l’eau, la vie a bien changé !… » Le chef du village de Débi.
«…Regarde, Monsieur, je rajeuni. J’avais une sorte de calvitie au milieu de ma tête. Les cheveux ne poussaient pas sous le poids de la jarre d’eau que je transportais sur 5 km. Ce trajet, je le parcourais pendant 4 h par jour. Regarde aujourd’hui, je n’ai plus ce trou au milieu de ma tête. Mes cheveux repoussent comme par miracle et mon mari sourit quand j’enlève mon foulard. » Zara, une mère de famille de Tamindaou Zanfarawa.
Réaménager et gérer la mare de Tolkoboye pour protéger l’environnement
Réaménager et gérer la mare de Tolkoboye pour protéger l’environnement et améliorer le développement économique de la commune de Ouallam…
Voilà le défi que se sont lancés Eau Vive et son partenaire, la Fondation Prince Albert II de Monaco.
En effet, les sécheresses cycliques que connaît la commune de Ouallam (à 100 kilomètres au Nord Est de Niamey), au Niger, entraînent la diminution des activités agricoles du fait de la pénurie en eau, la dégradation et la baisse de la fertilité des sols, la déforestation massive, la décimation du cheptel et la famine des populations. Tout cela entraîne des exodes massifs et conjoncturels.
Dans ce contexte, la mare du village de Tolkoboye joue un rôle majeur sur les plans environnemental, social et économique : abreuvement du bétail, utilisation pour les activités agricoles et donc source de revenus, recharge des nappes d’eau avoisinantes, préservation de l’écosystème et de la biodiversité. Mais cette mare, qui était permanente il y a quelques années encore, est aujourd’hui en train de s’enliser et de perdre sa capacité initiale de stockage.
Le projet mené par Eau Vive, avec le soutien financier de la Fondation Prince Albert II de Monaco, vise à réhabiliter et à assurer la gestion intégrée de cette mare afin de préserver l’environnement et d’augmenter les revenus monétaires des populations. Après un grand retard dû aux pluies diluviennes de septembre dernier, des travaux d’aménagement de la mare (surcreusement, murs de soutènements, digue de protection…) ont été entrepris. Parallèlement, un comité de gestion de la mare a été mis en place et formé et les élus ont été appuyés dans leur exercice de maîtrise d’ouvrage locale. Des activités auprès des écoliers, des paysans et des villageois seront aussi réalisées afin d’assurer une gestion intégrée de la mare et d’avoir un impact positif et durable tant sur l’environnement que sur le développement économique de la zone.
La mini-adduction d'eau potable d'Adjekoria révolutionne la vie du village et de ses voisins !

J'ai encore en tête, l'image d'Adjekoria avant notre partenariat avec Eau Vive qui nous a permis de réaliser une mini -adduction d'eau potable.
Avant la réalisation de ce projet, nos femmes, souvent avec des enfants au dos passaient une bonne partie du temps (souvent même la nuit) au puits pour revenir à la maison avec 10 à 15 litres d'eau c'est-à dire juste ce qu'il faut pour boire et cuisiner. Les villages environnants ne voulaient pas nous donner leurs filles en mariage afin de leur éviter la corvée d'eau.
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